Préhistoire 40 000 - 3 000 av. J.-C.
Les premiers pigments utilisés par l'humanité provenaient directement de la terre et des minéraux naturels. Les hommes préhistoriques broyaient des ocres, du charbon et des oxydes pour créer les fresques des grottes de Lascaux et d'Altamira.
L'un des premiers pigments utilisés par l'humanité, obtenu à partir d'oxyde de fer. Utilisé dans les grottes de Lascaux et pour les rituels funéraires.
Argile naturelle colorée par l'hydroxyde de fer. Pigment chaud et lumineux, très stable à la lumière.
Obtenu par calcination de matières organiques. Le noir le plus ancien et le plus simple à produire.
Craie ou calcaire broyé, utilisé comme pigment blanc et comme base pour d'autres couleurs.
Antiquité 3 000 av. J.-C. - 476 ap. J.-C.
L'Égypte, la Grèce et Rome développent des techniques sophistiquées de fabrication de pigments. Apparition des premiers pigments synthétiques et importation de matières rares comme le lapis-lazuli.
Premier pigment synthétique de l'histoire, fabriqué vers 3000 av. J.-C. par cuisson de silice, cuivre et calcium. Utilisé pour les sarcophages et fresques.
Extrait du lapis-lazuli, pierre semi-précieuse. Le pigment le plus cher de l'Antiquité, plus précieux que l'or. Réservé aux œuvres majeures.
Rouge vif éclatant obtenu du cinabre. Utilisé en Chine depuis 8000 ans et par les Romains. Toxique mais très apprécié pour sa couleur intense.
Produit par corrosion du cuivre au contact du vinaigre. Vert transparent et lumineux, mais instable et toxique.
Jaune doré éclatant, très toxique. Utilisé en substitut de l'or dans les enluminures. Son nom vient du latin "aurum" (or) et "pigmentum".
Colorant organique extrait de mollusques marins. Le plus précieux de l'Antiquité, réservé aux empereurs et aux rois. 10 000 murex pour 1g de pourpre.
Moyen Âge 476 - 1453
L'ère des manuscrits enluminés et des grandes cathédrales. Les moines copistes perfectionnent l'art de la préparation des pigments. Développement des recettes secrètes et des guildes d'artisans.
Feuilles d'or battu d'une finesse extrême, appliquées sur les enluminures et les retables. Symbole de la lumière divine et de la richesse.
Minéral de cuivre donnant un bleu profond. Alternative moins coûteuse au lapis-lazuli, très utilisée dans les manuscrits médiévaux.
Minéral de cuivre produisant un vert vif. Broyée en poudre fine pour les enluminures et les peintures murales.
Pigment organique extrait des racines de garance. Rouge transparent et lumineux, très utilisé dans les enluminures pour les drapés.
Argile naturelle riche en manganèse. Brune chaude, stable et opaque. Crue ou brûlée pour obtenir différentes nuances.
Le blanc le plus opaque et le plus lumineux de l'histoire de l'art. Fabriqué par corrosion du plomb. Très toxique mais irremplaçable jusqu'au XIXe siècle.
Renaissance 1453 - 1600
L'âge d'or de la peinture voit l'amélioration des techniques et l'expansion du commerce. Les artistes comme Léonard de Vinci et Titien explorent de nouvelles combinaisons de pigments et perfectionnent l'art du glacis.
Ocre jaune-orangé naturelle. Devient rouge-brun profond lorsqu'elle est calcinée (terre de Sienne brûlée). Très appréciée des maîtres italiens.
Jaune chaud et opaque. D'abord trouvé dans les fumerolles du Vésuve, puis fabriqué artificiellement. Couleur caractéristique de la peinture italienne.
Rouge profond extrait de la cochenille, insecte mexicain. Importé après la découverte des Amériques. Rouge transparent très prisé pour les glacis.
Brun transparent obtenu de lignite ou de tourbe. Très utilisé par les maîtres flamands pour les ombres et les glacis.
Vert froid et opaque, nommé d'après le peintre vénitien Véronèse qui l'utilisait fréquemment. Stable et permanent.
Verre coloré au cobalt, broyé en poudre fine. Bleu profond mais granuleux. Alternative économique au lapis-lazuli, mais tend à se décolorer.
📖 Légende et Informations
⚠️ Notes importantes
- Plusieurs pigments anciens sont toxiques (plomb, arsenic, mercure) et ne doivent plus être utilisés aujourd'hui.
- La stabilité indique la résistance du pigment à la lumière et au temps.
- L'opacité détermine la capacité du pigment à couvrir les couches inférieures.
- Les pigments organiques sont généralement moins stables que les pigments minéraux.